Le trajet entre l’Europe et le Japon sans emprunter d’avion reste la ussi possible, bien que l’espace aérien russe soit actuellement fermé à de nombreux vols commerciaux. La traversée du continent eurasiatique par voie terrestre et maritime a longtemps relevé de l’exception, mais elle connaît depuis peu un regain d’intérêt chez certains voyageurs.Les liaisons ferroviaires, combinées à des ferries internationaux, permettent d’atteindre l’archipel nippon en contournant les itinéraires aériens traditionnels. Plusieurs voyageurs ont documenté leurs expériences sur ce parcours, révélant des options concrètes, des obstacles administratifs et des astuces logistiques.
Voyager jusqu’au Japon sans avion, mythe ou vraie aventure écologique ?
Prendre la route vers le pays du Soleil levant sans embarquer dans un avion n’a plus rien d’une excentricité. Le voyage sans avion devient une réalité choisie par ceux qui tiennent à réduire leur impact sur la planète. Les chiffres sont parlants : relier Paris à Tokyo en avion équivaut à près de 3 tonnes de CO₂ par passager. En misant sur un voyage bas-carbone, l’empreinte carbone fond comme neige au soleil, parfois dix fois moins élevée.
Voyager lentement change tout. On ne survole plus les paysages en quelques heures : on traverse les fuseaux horaires, les langues, les climats, on se rend disponible aux rencontres. Cette aventure réclame de l’organisation, mais chaque segment devient un souvenir à part entière, chaque train ou ferry dessine une nouvelle histoire. Ceux qui s’embarquent pour cette aventure n’agissent pas seulement pour l’environnement : ils tournent aussi le dos à la précipitation, s’autorisent à réapprécier le temps, à renouer avec la distance. Traverser l’Eurasie sans avion, c’est aussi faire coïncider ses valeurs et son mode de déplacement. On chérit la lenteur, on goûte la découverte sous un autre angle, et chaque kilomètre prend soudain une saveur oubliée.
Panorama des alternatives : trains, bus, ferries… quelles options pour traverser l’Eurasie ?
Rejoindre la France au Japon sans voler suppose d’enchaîner différents modes de transport. Le train reste le pilier de cette traversée. En quelques jours, on peut relier Paris à Moscou en passant par Berlin ou Varsovie. Ensuite, le légendaire Transsibérien vous dépose à Vladivostok après plus de 9000 kilomètres déroulés à travers la Russie. Dans un autre tempo, l’axe transmongol parcourt la Mongolie vers Oulan-Bator puis Pékin. Cette traversée ferroviaire s’accompagne de panoramas grandioses et de rencontres improbables.
D’autres alternatives s’offrent à celles et ceux désireux de varier : bus longue distance pour franchir l’Europe centrale ou l’Asie centrale, voiture pour plus de flexibilité, avec toujours en tête la question du bilan environnemental et des démarches pour traverser la Russie. Puis, face à la mer, le temps des ferries arrive : de Vladivostok ou Donghae en Corée du Sud vers différents ports japonais. Vladivostok-Sakaiminato constitue la liaison la plus directe (mais saisonnière) alors que d’autres itinéraires via la Corée existent toute l’année. Chacun façonne alors son propre itinéraire sur-mesure selon ses contraintes, son budget et sa soif de découverte. Ici, accepter la lenteur, c’est faire du déplacement une expérience à part entière.
Itinéraires concrets et conseils pratiques pour organiser son trajet vers le Japon
Préparer un voyage sans avion vers le Japon pousse à repenser l’itinéraire dans ses moindres détails : temps disponible, budget, paperasse, imprévus, tout doit être anticipé. Depuis la France, trois grands axes se distinguent : la voie russe avec le Transsibérien, le tracé sud par la Turquie et le Caucase jusqu’à la Chine, ou l’alternative maritime via la Corée du Sud.
Exemple d’itinéraire France-Japon
Pour donner corps à ce projet, voici une progression réaliste, en multipliant les correspondances :
- Paris, Berlin, Varsovie, Moscou : la succession de trains de jour ou de nuit, avec parfois des réservations obligatoires.
- Moscou, Vladivostok : embarquement pour une semaine épique à bord du Transsibérien, sans oublier les démarches nécessaires pour le visa russe.
- Vladivostok, Sakaiminato (Japon) : ferry à réserver à l’avance, la fréquence des départs restant modérée.
Une variante mène via Istanbul, l’Asie centrale et la Chine vers Shanghai ou Pékin, avant le saut sur un ferry jusqu’au Japon, souvent en transitant par la Corée du Sud. La préparation des différents visas (Russie, Chine, Mongolie…) doit s’effectuer avec anticipation, et mieux vaut garder de la flexibilité pour s’adapter aux imprévus. Le budget fluctue selon le confort, le nombre d’arrêts et la durée du périple, souvent entre deux et quatre semaines. Ne négligez pas l’assurance voyage qui correspond à ce type de trajet, et consultez les retours d’autres voyageurs pour bénéficier d’astuces actualisées. Prendre ce temps-là, c’est aussi s’immerger durablement dans les cultures et paysages rencontrés.
Ils l’ont fait : récits, astuces et bénéfices inattendus d’un voyage sans avion
De plus en plus de voyageurs ont tenté la traversée jusqu’au Japon sans avion, ouvrant la voie d’un voyage bas-carbone audacieux. À l’image de Benjamin Martinie qui a parcouru l’Eurasie, alternant trains, bus et ferries, ce choix invite à se confronter au réel, loin de la facilité. Dans leurs récits, les imprévus, les détours, les moments de doute côtoient des instants suspendus et des rencontres qu’aucun vol direct ne permettrait.
Les adeptes du slow travel insistent : la magie se loge dans la surprise d’un arrêt prolongé dans une petite ville, dans le silence d’un train au petit matin, dans un échange inattendu sur un quai perdu. Quelques-uns préfèrent le vélo sur une section, d’autres misent sur l’alternance train-ferry pour rythmer l’odyssée. Le voyage prend une autre dimension, les journées semblent plus riches et le dépaysement se construit pas à pas.
Voici ce que les retours d’expérience révèlent pour mieux préparer ce type d’aventure :
- Pensez aux formalités de visa qui varient d’un pays traversé à l’autre et peuvent être longues.
- Gardez un œil sur les horaires de ferry, souvent irréguliers, et réservez chaque fois que possible en amont.
- Voyagez léger, pour faciliter les correspondances et les changements d’environnement.
- Consultez forums et groupes d’entraide régulièrement pour rester informé des dernières évolutions logistiques.
Côté bénéfices, cette expérience rallonge délibérément le voyage, allège le stress, réduit l’empreinte écologique, et replace l’aventure humaine au cœur du déplacement. Tous ceux qui ont franchi le pas s’accordent sur un point : chaque étape porte déjà la saveur de l’arrivée, parce que l’itinéraire change la perception du temps et du monde.
Au final, tracer une voie terrestre et maritime jusqu’au Japon, c’est s’accorder le luxe de l’attention, offrir à chaque étape une chance d’exister, et, plus que jamais, remettre la découverte et la curiosité au centre du voyage. On en ressort rarement tout à fait le même.


